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Diapason # 712 (06/2022)
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Berlin Classics
030262BC




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Analyste: Jean-Christophe Pucek

 

Lorsque Georg Muffat revint à Salzbourg au début de l'été 1682, il trouva la ville occupée à célébrer les 1100 ans de la fondation de son archevêché.

Le Kapellmeister Biber donnerait bientôt une gigantesque messe à cinquante-trois voix ; le Mégevan rapportait de son séjour d'étude romain cinq sonates sans doute soumises au jugement sévère de Corelli. Cet Armonico tributo témoigne de son habileté à manier styles italien et français - les danses stylisées y côtoient la technique, alors novatrice, du concerto grosso - et sa publication, en cette année jubilaire, doit se lire comme une proclamation supplémentaire de l'excellence artistique salzbourgeoise.

Muffat a prévu des variations d'effectifs : « peu ou beaucoup d'instruments », deux violons et une basse, avec ou sans altos, avec ou sans vents. Lars Ulrik Mortensen varie les options (chambriste dans la Sonate III, cordes seules dans la IV, orchestre au complet ailleurs) pour un résultat toujours convaincant qui surclasse jusqu'à la lecture pleine de vigueur des Muffatti (Ramée, 2012).

La vitalité s'accompagne ici d'un meilleur équilibre des pupitres, de plus de ouplesse (les appuis rythmiques dans l'Aria de la II).

La Sonate I illustre bien la finesse des nuances, avec son Allemande drapée d'une nostalgie scintillante, et la tonalité ondoyante du Grave qui la suit. Du Concerto Copenhagen on admire partout la précision, le coloris, la sensualité.

L'imprévisibilité de la II, changeante comme la lumière des tableaux de Claude Gellée, le printemps aérien qui soulève la III (les inflexions lyriques de la Corrente sont délicieuses), les cabrioles fantasques de la IV (Adagio-Presto) : tout enthousiasme.

Et que dire de la Sonate V, de sa magistrale Passacaille finale, tenue avec une élégance racée confondante ? Cette interprétation à la fois mûrie et juvénile respire l'éloquence ; idées et émotions y circulent portées par un souffle d'autant plus libre qu'il se fonde sur une mise en place minutieuse. On n'oublie certes pas l'opulence de Chiara Banchini (HM, 1996), mais c'est bien Mortensen qui offre aujourd'hui à Muffat le plus abouti des hommages.



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