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Appréciation d'ensemble: |
Outil de traduction ~ (Très approximatif) |
Analyste: Michel Laizé Un excellent programme met en valeur la personnalité attachante et l'invention de Jan Pieterszoon Sweelinck, l'«Orphée d’Amsterdam», le maillon fort reliant l'art flamboyant des virginalistes anglais sous Elizabeth Ière aux premiers représentants de l'école d'orgue de l'Allemagne du Nord, dont Buxtehude sera la plus haute figure. De son temps, Sweelinck fut reconnu par ses pairs au‑delà des frontières des Pays‑Bas, puisqu'on le trouve dans les pages de l'énorme anthologie anglaise du Fitzwilliam Virginal Book … et que durant le XVIIe siècle ses oeuvres furent copiées abondamment.
La beauté des formes qu'il modèle laisse toujours s'immiscer l'émotion musicale, là où John Bull et d'autres contemporains pouvaient tomber dans le procédé mécanique. Pour cette raison, ces pages où l'écriture suit scrupuleusement les règles du parfait contrepoint fleuri et décoré, nous touchent encore par la proximité de la pensée qui associe l'auditeur aux affects du compositeur. Sweelinck, à cet égard, montre la voie à Froberger.
On ne peut que louer en ce sens
l'éloquence et le jeu sensible de Sébastien Wonner. A l'aise d' ans les
variations les plus brillantes (Puer nobis nascitur) comme dans les
pièces chantant avec grâce (Mein junges Leben hat ein Endt), il nous
guide dans un voyage dépaysant et heureux, coloré d'une certaine
mélancolie. En écoutant l'album, on se prend à rêver aux toiles de Bruegel
ou à celles de Vermeer. La qualité du toucher et des articulations liées à
l'usage des doigtés à l'ancienne contribue à la séduction sonore du
programme. Un moment de vrai
plaisir!
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