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Analyste:
Denis Morrier Selon la légende, le suicide de Lucrèce, noble romaine violée par le fils du roi, causa le soulèvement de ses concitoyens et l'avènement de la République. L'héroïne a inspiré plusieurs compositeurs, jusqu'à Benjamin Britten. Jérome Corréas a sélectionné quatre miniatures en langue italienne du XVIIIe.
L'origine française de Montéclair transparaît dans des récitatifs hautement expressifs, confiés à la voix de l'éruptive Sandrine Piau. Le contrepoint germanique, qui a nourri la jeunesse de Handel, ressurgit tout au long de sa Lucrezia, riche de développements chromatiques et concertants. Succédant entre autres à Janet Baker (avec Leppard, Philips, Diapason d'or ) et Magdalena Kozena (avec Minkowski, Archiv, Diapason d'or ), Karine Deshayes s'y joue avec maestria des exigences de tessiture et de technique, opposant avec le même naturel affects doloristes (« Già superbo del mio affanno ») et fulminations virtuoses (« Il suol che premere »). Amel Brahim-Djelloul distille tout le pathétique contenu dans la cantate éminemment théâtrale du Napolitano-romain Alessandro Scarlatti, tandis que le mezzo chaleureux de Lucile Richardot confère profondeur et humanité à celle, plus originale et spéculative, du Vénitien Benedetto Marcello.
Corréas apporte de savantes réalisations aux claviers et dirige ses comparses avec minutie (chacun étant soliste dans sa partie), tant au fil des cantates que des pages orchestrales, réduites à la dimension da camera , qui les complètent. On passera sur les sonorités pas toujours flatteuses des violons pour apprécier un quatuor de prime donne d'exception. |
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