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Analyste: Jean-Christophe Pucek En février dernier, Sigiswald Kuijken a fêté ses quatre-vingts ans. Toujours curieux, il a élargi au cours des décennies sa pratique, d'abord centrée sur le violon, à d'autres instruments comme la viole de gambe, très tôt, puis le violoncelle da spalla, dont il est un ardent défenseur, mais aussi, plus surprenant, le clavicorde. Tous sont réunis dans ce bouquet d'anniversaire. Les Recercarda s de Diego Ortiz, la Sonate en sol majeur de Carl Friedrich Abel délivrent des couleurs épanouies, point trop vives mais pleines, quand l'Allemande tirée de la Suite BWV 1008 trace, au clavier, des arabesques dolentes mais gracieuses.
Davantage sur le fil (Bourrées I et II), Kuijken prête aux extraits de la Suite BWV 1009 une intériorité qui peut convenir pour la Sarabande, mais restreint la vitalité de la Gigue, laquelle expose aussi, non sans une certaine crudité, les limites du violoncelle d'épaule. C'est dans les pièces exécutées au violon que la morsure du temps est la plus manifeste. Malgré un tempo prudent, l'Allemande en ut mineur de Thomas Baltzar accuse des dérapages et la sonorité est acide. Comme dans la Passacaille « L'Ange gardien » de Biber, émaillée de traits peu sûrs voire crispés. Des trois extraits de la Partita BWV 1004, on retiendra surtout l'Allemande tout en sérénité, Courante et Sarabande présentant trop d'aspérités pour être goûtées dans leur plénitude. Une célébration en demi-teintes. |
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