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Outil de traduction |
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Analyste: Olivier Fourès « All'arrabbiata » ? Alors ça… Si les peperoncini italiens font sans aucun doute pâle figure en Amérique latine, Afrique et Asie, ils arrivent tout de même à bien exciter le palais. Ici, mis à part dans la belle cuiller en argent qui orne la pochette, retrouver un quelconque relent épicé relève du défi. Pasta scotta oui… Tout est évident, prévisible, juste, en place (dynamiques, métronome, articulation), si les cors osent une ou deux pétarades, elles ne font que souligner le manque d'entrain général. La chasse de Telemann se passe au coin du feu en pantoufles ; vous attraperez aussi les grillons de sa Grillen-Symphonie sans aucun problème. La Follia de Geminiani fait s'asseoir les danseurs les plus impétueux, et la fadeur trouve carrément son allégorie dans le troisième mouvement du merveilleux Concerto pour basson en mi bémol majeur de Vivaldi… Quel dommage ! Javier Zafra, qui y tient la partie soliste, propose tant de belles choses. Le constat déçoit d'autant plus que Gottfried von der Goltz et le Freiburger Barockorchester n'avaient jusqu'alors jamais semblé à cours d'inspiration. Le curieux endurci fera tout de même ses délices du concerto pour hautbois de Platti, dont cette lecture austère mène à une belle tension qu'Ann-Kathrin Brüggemann utilise pour façonner ses lignes avec souplesse. Tous les autres auront sans doute du mal à garder l'oreille bien ouverte jusqu'au terme des quarante-neuf minutes (seulement) du programme, vite plongés dans une sieste digestive. |
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