Texte paru dans: / Appeared in: |
|
Appréciation d'ensemble: |
Outil de traduction (Très approximatif) |
Analyste:
Olivier Fourés On retrouve toujours avec excitation les couleurs, tourbillons et attaques du Glardino Armonico chez Vivaldi. Flûte à bec en main, Giovanni Antonini affronte le redoutable répertoire que le Prêtre roux a dédié au petit tube de bois pour nous livrer enfin ce disque qu'on espérait depuis longtemps. Les interprètes s'aventurent dans des recoins inattendus et découvrent de nombreuses facettes dans ces pages pourtant déjà magnifiquement servies (Schneider, Temmingh, Lauzer). L'ensemble milanais saisit comme personne la créativité vivaldienne si les consonnes sont fortes, les contrastes dynamiques abrupts, les timbres ambigus, les phrases entre drame et danses en masque, l'ornementation et la réalisation du continuo osées, tout part du texte de Vivaldi, rien n'est arbitraire. Le Giardino Armonico montre ici qu'il est capable de transcender les plus minutieux réglages par le mouvement et la flamme collective. Outre qu'il triomphe de tous les obstacles techniques (écoutez, entre autres, les premiers mouvements des RV 441 et 445!), Antonini utilise avant tout la déclamation pour créer l'effet virtuose : le « simple » RV 442 ne jure nullement au sein d'un tel bouquet de pyrotechnies. La Tempesta di mare offre un autre régal, merveille d'équilibre, de couleurs savoureuses, de contrastes. Le soliste en ferait-il un peu trop dans les mouvements lents ? Le recul tendu qu'il atteint dans sa transcription pour chalumeau du célèbre Cum dederit (une lente sicilienne traduisant l'endormissement) dévoile au contraire une palette expressive aussi riche qu'habile a éviter tout cliché. La flûte à bec, qui rivalise ici avec le violon le plus acéré de Vivaldi, sait aussi, dans ces grands moments de solitude, dévoiler sans complexe ses plus intimes passions. |
Cliquez l'un ou l'autre
bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
Click either button for many other reviews