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Diapason # 688 (03 /2020)
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Glossa
GCD924204




Code-barres / Barcode : 8424562242043

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Loïc Chahine

Cette deuxième étape de l’intégrale des concertos pour violon affirme les choix qui transparaissaient déjà  dans le première (cf. no 679). Plutôt que d’en faire une sorte de Vivaldi (ou de Tartini) français, cliché réducteur, la Cetra de Bâle oppose à la vision ultra-italianisante de Dmitry Sinkovsky (Opus 7 no 2 dans « Virtuosissimo » cf. no 684) des ambiances préclassiques, des équilibres savamment pesés, une virtuosité canalisée par une maîtrise royale. Écoutez le début de l’Opus 10 no 3 : le bouillonnement intérieur de l’orchestre y est contrôlé, mis en perspective avec la franchise du motif mélodique, affirmative et polie. Cette moire est aussi le résultat d’un travail organologique : archets à hausse coincée sur des cordes en pur boyau (sans filetage en argent, trop luxueux pour la plupart des « ripienistes » de l’époque, d’après  Leila Schayegh) construisent « un son orchestral quelque peu sombre, presque rugueux par moments », selon elle. On aurait surtout dit rond. Tout ici est mesure.

 « Je n’entends point par le terme d’allegro un mouvement trop vire », écrivait Leclair; « c’est un mouvement gai. Ceux qui le pressent trop […] rendent le chant trivial au lieu d’en conserver la noblesse. » De la noblesse, l’archet de Schayegh en a à revendre : jamais indolent, jamais m’as-tu-vu, il survole les traits avec une élégance engagée. Abondamment sollicité, l’aigu brille et conserve la beauté du timbre, sans âcreté.

Oui, on pourrait tirer l’Opus 7 no 1 vers le tapage, vers ce cliché du concerto en mineur turbulent. Ici, la menace se présente moins immédiatement, elle s’installe, diffuse, dans une trame qui relie les trois mouvements.

Élégiaque, l’aria gracieuse qui tient lieu de mouvement lent? Si on se rappelle que l’élégie antique chantait le déchirement, voire la mort. La violoniste tend le thème en doubles cordes sans gommer son ancrage dans la matière de l’instrument (changements de position asses clairement audibles), et la partie centrale en majeur porte en elle-même que le répit sera de bien courte durée. Pas question non plus de surjouer le caractère dansant de l’entame de l’Opus 10 no 1! De la finesse, toujours de la finesse.

Vous reconnaîtrez peut-être la formule de cadence qui clôt le thème de l’Allegro moderato de l’Opus 10 no 3 : elle figure aussi dans Platée. Le Leclair de Schayegh est bien le compatriote de Rameau.

La proposition, sans doute, n’est pas la plus immédiatement séduisante. Elle s’inscrit dans la durée. Sa force? Elle ne s’émousse pas.


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