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Diapason # 677 (03 /2019)
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Analyste: Denis Morrier

 

En 2014, nous avions découvert Emöke Barath dans l'inoubliable Elena de Cavalli ressuscitée par Leonardo Garcia Alarcon au Festival d’Aix‑en‑Provence. Sa présence scénique et sa voix, aussi charnue que fluide, nous avaient captivé. Après s'être tournée vers Handel, Bach et Gluck, elle revient aujourd'hui à la musique vénitienne du Seicento. Le programme gravite autour de la figure singulière de Barbara Strozzi (1619‑1677). Parfois décrite comme courtisane, cette compositrice talentueuse, dont « l'audace et les manières gracieuses » étaient unanimement célébrées, incarne toute la liberté de pensée, de moeurs et de création artistique qui prévalait à Venise durant l'ère Baroque. Elle bénéficie depuis longtemps d'une riche discographie. Ses cantates, si originales et expressives, ont connu de mémorables gravures, avec Isabelle Poulenard (Adda, 1989), Catherine Bott (Carlton, 1997), Susanne Ryden (HM, 1998), Emanuela Galli (Glossa, 2001), sans oublier lès pépites isolées offertes par Céline Scheen (Ambronay), Magdalena Kozena (DG) et Roberta Mameli (Alpha).

Dans ce tableau, la soprano hongroise se distingue par une réelle vaillance et une indéniable subtilité d'ornementation (Amante loquace). Si elle déploie une belle palette de nuances et de sentiments contrastés dans l'incontournable lamento Lagrime mie, elle paraît moins à l'aise face aux répétitions formulaires de Che si puo fare, invitant à plus de variations de couleur et d'expression (comme avec l'inoubliable Mariana Flores, aux clairs‑obscurs doloristes).

Après avoir été bluffé par l'agilité démonstrative de Speranza ingannatrice (Cesti), on peut rester dubitatif devant l'inégal traitement des trois extraits de Statira (Cavalli): le charme élégiaque d'« A mor che mascherati » opère tandis que les effets trop appuyés de « Cresce il foco » exaspèrent.

Partout, l'interprétation est desservie par une prise de son désagréable, qui place la voix exagérément au premier plan. Elle surexpose le vibrato sur lequel repose désormais la projection, perturbe l'intelligibilité du texte et rend certains aigus par trop stridents. Relégué au second plan, le groupe de basse continue s'adonne à des réalisations plus décoratives qu'efficaces, où l'entrelacs des arpègements apporte parfois plus de confusion que de relief ‑ mais avec une autre prise de son, qui sait... On goûte, malgré tout, les raffinements d'articulation et le parfait équilibre de l'ensemble instrumental dès lors qu'il est seul. Dans le tourbillonnant Ballo de Merula, la virtuosité et la précision des violons subjuguent.


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