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Classica # 210 (03 / 2019)
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NULLE OMBRE AU TABLEAU

Le brillant parcours musical proposé par Le Consort et Eva Zaïcik est une anthologie d'oeuvres profanes, mélange de déchaînement poétique et de sérénité retrouvée.  l

Pour son premier disque, Le Consort (les violonistes Théotime Langlois de Swarte et Sophie de Bardonnèche, la gambiste Louise Pierrard et l'organiste et claveciniste Justin Taylor), rejoint par Eva Zaïcik, a choisi le répertoire rare de la cantate française. Ensemble, ils s'inscrivent dans les traces d'Agnès Mellon (Alpha, 2004), Julia Gooding (Channel Classics, 2001), Isabelle Poulenard (Opus 111, 1991), Julianne Baird (Meridian, 1991) et Jacqueline Nicolas (Pierre Verany, 1988) qui ont déjà enregistré Clérambault, Courbois et Montéclair. En revanche, Louis Antoine Lefebvre (c.1700‑1763), organiste à Saint‑Louis‑en‑l'Île et aux Blancs‑Manteaux, est un quasi‑inconnu de la discographie bien qu'il laisse une vingtaine de cantatilles éditées.

Le projet de ces jeunes artistes n'est manifestement pas de proposer une anthologie musicologique mais un parcours musical, à suivre de la première à la dernière plage, comme un concentré de tragédie lyrique dont la cantate partage le goût pour la mythologie et les codes. Malgré un effectif restreint, grondent ainsi les flots qui portent le monstre prêt à dévorer Andromède et qui empêchent Léandre de rejoindre Hero. Pour structurer cette heure de musique, les interprètes n'ont parfois retenu que des airs ou des épisodes instrumentaux en guise d'intermède entre des oeuvres complètes. Les noires répétées de l'extrait du Lever de l’Aurore résonnent ainsi dans le premier air d'Andromède qui lui succède aussitôt et entretiennent la tension dramatique.

Il n'est plus besoin de rappeler les qualités instrumentales du Consort et on soulignera donc ses phrasés aussi fluides (les notes conjointes dans « Que c'est un tourment extrême » de La Bergère) qu'éloquents (les doubles, triples et quadruples croches dans la tempête d'Andromède). Par son élégance souveraine, son autorité naturelle, son timbre grave, son expression intense, Eva Zaïcik surclasse ses aînées. Se révèle alors avec une rare délicatesse la lente évolution vers la lumière de ce programme fort intelligemment conçu. Les nuages du sombre ré mineur de « Venez chère ombre », issu des Regrets de Lefebvre et placé en ouverture, seront définitivement chassés par une pimpante gigue à 3/8 et en sol majeur quand la protagoniste du Dépit généreux se libérera des liens de l'amour et sentira «finir [s]es peines».

Philippe Venturini


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