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Diapason # 676 (02 /2019)
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Pan Classics
PC10384




Code-barres / Barcode : 7619990103849

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gaëtan Naulleau

Ils n'étaient que deux en 2013, pour un premier lot de transcriptions déjà couronné d'un Diapason d'or . Flûte à bec et clavecin illusionnistes, tête à tête une heure durant, il fallait oser (« Bach Remixed », cf. no 619 ).

À Michael Form et Dirk Börner se joignent cette fois Marie Rouquié et Étienne Floutier, pour un défi moins complexe mais un résultat aussi étonnant et charmant. L'oreille est moins surprise par l'écart qui se creuse entre certaines pages et leur métamorphose que par la capacité de cette dernière à faire oublier l'original sous une proposition forte. Il ne s'agit pas tant d'amplifier ou réduire l'effectif, que d'en profiter pour éclairer une dimension de l'oeuvre, évidente ou secrète.

Tel Prélude en fa mineur (BWV 881 ), que la plupart des clavecinistes et des pianistes installent dans un balancement mélancolique, se reconnecte avec le goût galant qui pointe dans ces années 1720. Descendu de l'orgue et sorti de l'église, le choral O Mensch, bewein dein Sünde gross accueille une prière domestique et suave. Quel Dieu bienveillant, pour nous enjoindre à « considérer notre grand péché », tend à la fois le crucifix et le baume ! L'habileté de l'arrangement (assez simple ici) n'y serait pour rien sans l'alchimie de timbres et la sensibilité des phrasés.

On ne s'étonne guère de voir le Trio pétillant sur Allein Gott ( BWV 676 ) également chipé aux organistes, mais on se gratte le crâne quelques instants avant d'identifier ce pas fier et cette  déclamation ombrageuse : le grand Prélude BWV 548 s'invite en première partie d'un Concerto a 4° en sol mineur ! Sa prodigieuse fugue, au thème en éventail si lié au clavier, sera le seul bémol de l'album. La Sonate pour viole et clavecin obligé BWV 1018 tombe sans un pli sur la flûte de Form et l'archet de Rouquier (divine musicienne, ardente et légère dans un prélude de l' Orgelbüchlein ). La solide écoute de l'harmonie qui soude l'équipe doit beaucoup au continuiste hors pair qu'est Dirk Börner. Son clavecin s'émancipe le temps de deux sinfonias détournées : celle en fa majeur glisse en mineur et s'ouvre à la mélodie Jesu meine Freude , tandis que le thème Wernur den lieben Gott… s'immisce, à la viole, dans celle en sol mineur, dont le tableau se déforme autour et se recompose. L'exercice pourrait être anecdotique, il est magique.
 


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