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Diapason # 677 (03 /2019)
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Glossa
GCD922808



Code-barres / Barcode : 8424562228085

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Denis Morrier
 

Quatre ans après la parution retentissante du coffret « Ancor che col partire » conçu pour le double anniversaire de la naissance et de la mort de Rore (Ricercar, avec le concours de six ensembles « maison »), cette anthologie prolonge la discographie du Divin Cyprien. Comment comprendre que soit toujours si négligée cette oeuvre en laquelle Leo Schrade voyait pourtant « la clef du développement tout entier du madrigal italien après 1550 » ? Si Zarlino et Artusi s'opposaient aux idées modernistes de Galilei et Monteverdi, tous s'accordaient, au crépuscule du Cinquecento, pour saluer en Rore le père d'une « nouvelle musique » où l'on pouvait enfin entendre le vrai « son des mots ». 

C'est d'ailleurs la vertu première de La Compagnia del Madrigale, qui nous invite à goûter tout autant la beauté de la poésie que la richesse de la polyphonie. Chaque vers est admirablement ciselé, que ce soit dans son élocution ou dans son phrasé. Chaque mot en chaque voix se voit paré de son expression propre, tandis que le contrepoint résonne avec une pureté admirable, en particulier dans les denses madrigaux à cinq voix, la plupart du temps proposés dans un radieux a cappella. La suave Compagnia se distingue aussi par son discernement dans l'élaboration de ce généreux panorama: les polyphonies à quatre voix du Livre Il (1557), celles à cinq des Livres IV et V (1565) et diverses compositions isolées révèlent l'étonnante variété de cette oeuvre madrigalesque à maints égards prophétique. Comment n'être pas saisi par les chromatismes sidérants de Mentre lumi maggior, prémonitions des expérimentations gésualdiennes? 

Les six membres fondateurs n'ont pas hésité à élargir leur ensemble pour aborder à neuf chanteurs la polyphonie plus massive, aux accents guerriers (pour ne pas dire teutoniques) d'Un altra volta la Germania strida. Ils ont également accueilli trois instruments (vièle, violon et viole) pour colorer et surtout mettre en évidence la construction de ces savantes polyphonies. Ainsi, dans Alcun non puo saper et plus encore dans Convien ch'ovunque sia, le contrepoint à cinq voix se métamorphose en un dialogue canonique entre deux chanteurs (ténor/basse et soprano/ténor), accompagné par les voluptueux entrelacs des trois cordes.  


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