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Diapason # 675 (01 /2019)
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Cyprès
CYP1679




Code-barres / Barcode : 5412270167904

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Denis Morrier
 

L'oreille de Zurbaran » s'ornait d'un Diapason d'or . Celle de Van Loon ( ca. 1581-1649) restera nue. Si la diversité et l'éclectisme sont souvent gages d'une agréable soirée au concert, ils deviennent rarement les qualités fondamentales d'un programme discographique, appelé à être écouté et réécouté. Pour évoquer les diverses « sphères musicales » que ce peintre caravagesque, rival de Rubens, aurait côtoyées dans sa ville de Bruxelles et lors de ses séjours à Rome, Paul Van Nevel mêle hardiment le profane et le sacré, les répertoires italiens, flamands, espagnols, insérant jusqu'à la berceuse française d'un compositeur anglais voyageur ( Le Bel Ange du Ciel de Peter Philips).

Diversité, disions-nous ? Paradoxalement, l'interprétation unit l'ensemble dans une peinture sonore peu contrastée, manquant de passion, bien éloignée du chaud chiaroscuro de son modèle. Deux fragments de messes polyphoniques, l'une de Ghersem et l'autre de Soriano, sont ainsi confrontés, mais ils relèvent d'un même stile antico . Quant aux motets latins d'Anerio, Soriano et Philips, ils se confondent avec les deux madrigaux à cinq voix de Marenzio et Mazzocchi, dans une même lecture harmonieuse aux allures compassées. Les colorations sont systématiques : style ancien a cappella versus stile moderno avec instruments (violes, violons et virginal « à la mode Huelgas », et comme d'habitude flûtes à bec, envahissantes en doublure de soprano dans le motet Hodienobis de Philips et le madrigal Chiudeste i lumi de Mazzocchi). Nous retrouvons, dans le cahier de recettes faciles de Van Nevel, les progressions strophiques partant d'un verset soliste jusqu'à une conclusion en tutti vocal amplifié par les instruments, en passant par divers épisodes confiés à des pupitres ou au choeur entier. Le Quando miro il bel volto de Quagliati, desservi par une intonation disgracieuse, n'y gagne vraiment rien. Les solistes sont pour la plupart peu convaincants : la soprano et le ténor rivalisent de maigreur et d'aigreur dans l' Ad te suspiro de Kempis.

Deux heureuses découvertes sortent du lot : le Dies irae à cinq voix et  quatre instruments de Zamponi, et l’ In illo tempore en double choeur de Soriano, aux beaux développements concertants, sont les seuls moments mémorables d’un album qui n’ajoute rien à la gloire du Huelgas Ensemble.


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