Texte paru dans: / Appeared in:
*


Diapason # 675 (01 /2019)
Pour s'abonner / Subscription information


Château de Versailles Spectacles
CVS003




Code-barres / Barcode : 3770011431038

Appréciation d'ensemble:

Outil de traduction (Très approximatif)
Translator tool (Very approximate)
 

Analyste: Jean-Luc Macia

On sait le talent de Paul McCreesh pour la reconstitution de grands événements des et siècles
- on n'a pas oublié, entre autres, sa superbe Cérémonie pour l'Epiphanie à Leipzig à l'époque de
Bach (CD Archiv). Cette fois, dans le cadre majestueux de la chapelle du château de Versailles, il a conçu cette Messe de Noël de 1620 « signée » par Michael Praetorius. Conçu est le mot, car évidemment ce qu'on y entend n'a pas été donné tel quel dans une grande église allemande un an avant la mort du compositeur. McCreesh a en fait réuni des morceaux qui auraient pu être joués à l'époque : le Kyrie et le Gloria sont extraits de la Missa gantz Teudsch et le reste provient de différents recueils sacrés du compositeur comme le Polyhymnia caduceatrix de 1619, avec des chorals de Luther ou des pages de Schein et des improvisations à l'orgue.

Capté en concert, le programme suit d'assez près celui des grandes cérémonies du rite luthérien d'Allemagne centrale, notamment celui de Wolfenbüttel (1569), qui prévoit la participation des fidèles dans les chorals. Nous avons droit à un flamboiement concertant, comme dans Puer natus in Bethlehem où les volutes des solistes alternent avec de vibrants élans choraux et les éclats vigoureux de l'orgue, ou dans les vocalises très montéverdiennes du Gloria . McCreesh varie d'ailleurs au maximum les effectifs. De magnifiques idées nous touchent comme celle de confier l'hymne d'avant prêche qui évoque les bergers à de jeunes Pages du Centre de musique baroque de Versailles, installés au sommet de la tribune derrière l'autel. Le petit orchestre (cinq cordes où des violes relaient parfois les deux violons, un continuo pléthorique) s'élargit souvent aux flûtes et aux cuivres (cornets, cromornes, sacqueboutes et trompettes), disséminés en différents endroits pour ajouter à l'éclat.

L'ordinaire de la messe, épître et Evangile, échoit aux solistes du G abrieli Consort. Celui-ci, souvent renforcé pour les chorals par les Chantres du CMBV est d'un allant, d'une cohésion exceptionnels. Le Sanctus (parodie d'un hymne de Luther à cinq choeurs) est d'une enivrante beauté. Les caméras saisissent avec justesse les attitudes des chanteurs et instrumentistes.

Bref, c'est somptueux. McCreesh ayant exploité tout le potentiel de spatialisation de la nef, on se demande pourquoi nous n'avons droit qu'à une bande son stéréo quand le multicanal aurait donné une vision plus fidèle de ce concert de décembre 2017.


Support us financially by purchasing this disc from eiher one of these suppliers.
  FR  -  U.S.  -  UK  -  CA  -  DE  JA -  
Un achat via l'un ou l'autre des fournisseurs proposés contribue à défrayer les coûts d'exploitation de ce site.

   

Cliquez l'un ou l'autre bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
 Click either button for many other reviews