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Diapason # 674 (12 /2018)
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Glossa
GCD924301




Code-barres / Barcode : 8424562243019

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gaëtan Naulleau

Martin Gester (Opus 111), Olivier Schneebeli (Virgin) et Lionel Skidmore (Hyperion) en 2001, puis Vincent Dumestre (Alpha, 2018) et de nouveau les pages versaillais de Schneebeli : les doigts d'une main suffisent à compter les albums de grands motets qui, depuis le triptyque fabuleux des Arts Florissants (HM, 1991), ont fait honneur à Lalande. La plus haute figure de la musique sacrée au Grand Siècle, dont les choix furent aussi déterminants dans la mise en scène de la piété du souverain que ceux des architectes de la chapelle royale de 1710, reste mal connue. Donc mal-aimée. Grandiose et tendre tout à la fois, glissant entre l'imploration et l'extase, le tableau extraordinaire qui se déploie, entre choeur et solistes, au centre du Venite, exultemus démine à lui seul bien des préjugés sur un baroque français plus convenu devant l'autel que celui de Bach ou de Handel.

Il serait sans doute sage de ranger les scrupules du critique pour afficher devant le nouvel album l'enthousiasme du prosélyte. Un album d'autant plus précieux dans ce contexte qu'il nous révèle l'état original du Venite exultemus en 1701 (Skidmore donnait la version remaniée) ainsi qu'un Dominus regnavit de 1704, inédit mais particulièrement apprécié en son temps. Est‑ce l'appel aux anges de l'avant‑dernier numéro (« Adorate eum») qui lui a valu d'être programmé plus de cinquante fois au Concert spirituel ? Chantal Santon‑Jeffery ne s'y distingue ni par sa grâce ni par la flexibilité de son phrasé, mais elle n'est pas la seule soliste en méforme. Pensent-ils faire noble figure en s'affichant si sérieux et crispés ? Lisandro Abadie, que nous avons souvent admiré jusqu'ici, fige l'appel du De profundis dans une autorité sèche, et Reinoud Van Mechelen se montre curieusement tendu dès l'exigeant « Praeoccumemus faciem ejus » du premier motet. Leurs ensembles dans le De profundis (plages 11 et 15) sont péniblement bâclés ‑ s'il faut appeler un chat un chat. 

Avec l'appoint d'un petit Collegium Marianum court en basses, plus généreux d'articulations que de pâte sonore, Olivier Schneebeli sait tenir ses troupes dans un répertoire qu'il connaît comme personne, mais qu'il aurait gagné à peaufiner en studio. Son album de 2001, sans être immaculé, bénéficiait d'un orchestre plus majestueux, de solistes moins engoncés, et donnait le sentiment d'une tout autre aisance. Plusieurs moments de grâce, tous venus du choeur, n'inversent pas pas un tableau où l'effort pèse sur l'inspiration.


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