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Classica # 208/ (12 / 2018)
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Erato 9029563362



Code-barres / Barcode : 0190295633622

Appréciation d'ensemble:

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Analyste:  Jérémie Bigorie
 

OPERAS DE POCHE

Les cantates du jeune Haendel vivent la passion en grand format.

Longtemps négligées, les cantates italiennes recèlent pourtant des trésors. Indépendamment de leurs qualités intrinsèques d'écriture ‑ qui incitèrent Johann Sebastian Bach à copier à la main l'Armida abbandonata, le sentiment est d'entrer comme par effraction dans l'atelier du créateur, les alambics encore fumants. La plupart agissent comme des scènes lyriques embryonnaires, riches en virtualités dramatiques, prêtes à surgir dans les grands opéras à venir. Secondant une Natalie Dessay au sommet de sa forme (Erato), Emmanuelle Haïm avait déjà glissé ses doigts de sourcier dans quelques cantates à une voix. On la retrouve à la manoeuvre, et avec quel entrain! Dans Aminta e Fillide, le compositeur charge la sinfonia de décrire la fuite de la belle nymphe: après l'introduction lente, les cordes se précipitent dans le furioso d'une poursuite sauvage rarement restituée d'une manière aussi évocatrice. Malgré les pastels délicats des sections, les airs sont très contrastés. Aminta fait son entrée avec un récitatif impressionnant, qui annonce le grand monologue « Pensieri, voi mi tormentate » d'Agrippine. Si Haendel ne s'est jamais senti aussi proche de l'esthétique des Arcadiens que dans Aminta e Fillide, Sabine Devieilhe n'entend pas traverser une allégorie mais incarner un personnage grâce à la théâtralité de sa diction, la projection de ses aigus et cette faculté à transmettre le sourire et la mélancolie d'une jeune âme. Face à elle, la Fillide de Lea Desandre joue la nymphe hautaine avant de succomber aux assauts du jeune berger. De son commerce assidu avec le répertoire du XVIIe siècle qui voit émerger la monodie accompagnée, la mezzo‑soprano connaît l'art des affects, lequel trouve à s'exprimer d'une manière spectaculaire dans La Lucrezia : accents rauques, chromatismes détimbrés, jusqu'à cette fin abrupte qui tombe de l'aigu à l'extrême grave. Mention spéciale au violoncelle solo, dont les interventions remarquées parachèvent la réussite de cet enregistrement à placer en tête de la discographie aux côtés de l'intégrale des cantates par Fabio Bonizzoni (Glossa).


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