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Diapason # 674 (12 /2018)
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Berlin Classics 885470010830



Code-barres / Barcode : 885470010526

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Roger‑Claude Travers

Vivaldi fut sans nul doute le pygmalion d’Anna Maria del violin. Petite fille encore quand il commença a enseigner a la Pietà, il la prit sous son aile, choisissant ses instruments, accompagnant ses premiers pas de virtuose, jusqu'à sa nomination au poste envié de soliste de l'orchestre, avant qu'elle accède au grade suprême de Maestra. Directrice musicale de l'institution, elle y termina sa vie en 1782.. Hormis Gianbattista, son père, qui mieux qu’Anna Maria comprit l'art de l'archet de Don Antonio ? Vers 1725, son répertoire comportait au moins vingt‑cinq concertos pour violon ou viola d’AMore (sic) de son mentor, dont certains lui étaient dédiés: leur écriture semble flatter un jeu délicat et habile, friand d'expérimentations, d'ornements extravagants, de dissonances extrêmes. Anna Maria, par‑dessus tout, abhorrait le pathos trivial. Ni Shlomo Mintz, tellement classique (Music Masters), ni la sensible Mariana Sirbu (Philips) n'en saisirent l'essence dans leurs récitals pionniers. Federico Guglielmo (CPO), survolant les figures d'un archet étonnamment souple, souleva par instants le voile que Midori Seiler ôte enfin.

Elle a puisé quatre concertos parmi les trente et un que renferme le cahier manuscrit de cent soixante pages copié jadis pour Anna Maria. Fouillant la ligne sans contrainte rythmique, en un jeu réservé, sophistiqué, plus sensible aux clartés de Séléné qu'aux rayons d'Hélios, elle devient, dans l’Adagio du fantasque RV 260, le temps d'un long récitatif, le miroir d'une âme qui s'échappe de l'ancrage tonal et fuit les repères. Midori, en s'appropriant les ornementations que révèle ce manuscrit, entre dans l'univers de son aînée. Elle habite le curieux lamento instrumental (II) du RV248, elle n'est qu'innocence dans I’Andante du Concerto de Noël RV270a ‑ le contraste est saisissant avec l'orchestration opulente du Concerto Köln, riche en archets et en vents ajoutés. La délicatesse précise des attaques et la rythmique impeccable dans la Sinfonia RV 140, son engagement émotionnel clair dans le concerto pour cordes RV 158 s'étendent aux concertos tardifs de Galuppi et Albinoni donnés en complément, d'une facture galante un peu fade.


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