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Diapason # 675 (01 /2019)
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ACC26409

Code-barres / Barcode : 4015023264090

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Ivan A. Alexandre
 

En l'an 9 de notre ère, le chef germain Arminius défait les cohortes du général Varus en trahissant la famille de sa propre épouse alliée des Romains. Le drame tient debout. Handel peut avoir confiance puisque le librettiste, Antonio Salvi, lui a déjà fourni quelques solides chefs-d'oeuvre -Rodelinda , Ario-dante . Hélas ! coupés en dépit du bon sens, les récitatifs ne sont plus que prétexte à effets sans cause. La guerre des théâtres déclarée par le prince de Galles a usé la veine lyrique du compositeur qui se tourne vers l'oratorio et le concerto.

Comme jadis celui des prime donne Cuzzoni et Faustina, le duel des castrats Annibali (Arminio) et Gizziello (Sigis-mondo) l'amuse plus qu'il ne l'inspire. Dans qu elques mois il tombera de fatigue - et sortira miraculeusement d'un « paraletick disorder ». Arminio (Londres 1737) peine. Il faut, pour transformer en opéra un collier d'arias tantôt convenues, tantôt merveilleuses (« Mira il ciel » et sa guirlande de cors, « Quella fiamma » dont le hautbois volubile ressemble ici à un chalumeau, la pastorale de Tu snelda qui termine l'acte II, le poignant « Vado a morir » du héros où perce « He was despised » du Messie …), un plateau de rêve secondé par un orchestre de feu. Max Emanuel Cencic, George Petrou et la compagnie Parnassus touchaient quasi au but en studio ( cf. no 645 ). En scène, la troupe réunie au printemps 2018 à Göttingen les rejoint. Prix d'un spectacle capté sur le vif : le volume prime sur le bel canto, les voix s'épuisent au dernier acte et l'infernal « Fatto scorta » de Christopher Lowrey ne peut rivaliser avec celui de Cencic.

Mais le live a aussi ses vertus : chant plein, dépourvu de maniérisme « pour mon micro chéri », enchaînements fluides, récitatifs habités. Le contre-ténor américain, dont le médium rappelle le jeune Bejun Mehta, ne manque pas de caractère, non plus qu'Anna Devin (dont le soprano agile et lumineux se laisse toutefois gagner par un vibrato indiscret), ni l'insolente Sophie Junker (même si ce rôle « en pantalon » la pousse au cri). Le ténor pèche par défaut de musicalité - l'absence d'organe latin se fait d'ailleurs partout sentir. Mais Helena Rasker surpasse largement ses devancières en Ramise, comme Owen Willetts en Tullio, et le jeune baryton-basse Cody Quattlebaum nous promet de ces Mozart…

Orchestre fluet, comme dans l'intégrale Decca et comme dans le premier Arminio enregistré (Alan Curtis 2000) mais direction attentive, sans excès, sans surprise conformément aux us du maestro Cummings. Pas encore le Walhalla. La vie pourtant, et une heureuse alternative.


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