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Diapason # 674 (12 /2018)
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Accent
ACC24347



Code-barres / Barcode : 4015023243477

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gaëtan Naulleau
 

C'était elle, le hautbois si intense d'Ich habe genug face à Bejun Mehta l'an dernier (cf. no 668). Elle encore dans les trios extravagants et athlétiques de Zelenka, Diapason d'or également (cf no 658). Pilier de Akademie für Alte Musik berlinoise et partenaire privilégiée de Vaclav Luks, Xenia Löffler allait‑elle enfin lever nos doutes sur les concertos « reconstruits » d'après les BVVV 1055 (la majeur) et 1056 (fa mineur) pour clavecin ? Si le Largo du second semble taillé sur mesure pour l'instrument à anche double (d'ailleurs Bach le présente ainsi dans une cantate), les deux autres volets y ont toujours perdu, jusqu'ici, une part essentielle de leurs rythmes. Plus véloce et développé, le BVVV 1055 multiplie les embûches sur la route des souffleurs, et nous désarçonne à chaque fois dès le premier tutti sonnant creux aux cordes seules. 

Ni Reichenberg (Archiv), ni Goodwin (Hyperion), ni Haynes (Atma), ni Ponseele (Accent), ni même Torunczyk (en parfait équilibre avec les cordes solistes du Café Zimmermann, Alpha) ne s'y montraient à leur avantage. Löffler, malgré tout son art prolonge la liste. Son hautbois d'amour particulièrement mat (ou capté de la sorte) campe dans les deux allegros BVVV 1055 un personnage prudent, déconnecté (par les micros) de l'effervescence maîtrisée des cordes tchèques (excellentes).Tout rentre dans l'ordre, une fois de plus, au milieu du BVVV 1056, pour cette cantilène dont Löffler fait une ligne généreusement cambrée mais aussi longue, belle et colorée que.. sous les mains de Cortot jadis. Alors nous retrouvons la musicienne adorée dans lch habe genug

Dans les Cantates BVVV 84 et 52 les micros (décidément !) se focalisent sur la soprano au détriment des parties concertantes. Était‑ce vraiment nécessaire, quand Anna Prohaska met tant de véhémence aux appels désespérés comme aux injonctions joyeuses (en principe) ? Le geste énergique déborde régulièrement les ressources du timbre et le contour de la vocalise. 

Le BVVV 1060 reconstruit pour vioIon et hautbois se serait imposé en complément si Löffler ne l'avait déjà gravé (2005, HM). Nous découvrons à la place le BVVV 1061 librement arrangé, sans prétendre à la reconstruction d'un original supposé. Et c'est très bien vu : le dialogue des deux clavecins se réorganise entre, d'une part, hautbois et viole, de l'autre, violon et basson. Cette disposition, bien qu'elle n'apparaisse nulle part chez Bach, sonne de façon beaucoup plus idiomatique que les BVVV 1055 et 1056 «reconstruits ». Lecture soignée mais prise de risque minimale : à qui le tour, dans cet inédit qui a tout d'un Septième Brandebourgeois ?


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