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Diapason # 673 (11 /2018)
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Naïve
OP30565



Code-barres / Barcode : 709861305650

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Sophie Roughol

Quel message l'éditeur suggère‑t‑il en asso­ciant une Citroën, Sandrine Piau et Rome ? On se perd en conjectures. La photographie sonore de la Cité éternelle au tournant du Seicento (1675‑1710) imaginée par Alessandrini réunit cinq compositeurs, italiens ou visiteurs, et contourne l'opéra au profit de l'oratorio. Regrettons que Sara Mingardo, annoncée au même rang que Sandrine Piau, passe en étoile filante dans le seul duo « Spunta l'aurora » d’Aci, Galateo e Polifemo (oeuvre napolitaine ... ), en écho à l'intégrale qui réunissait il y a dix ans ces deux merveilleuses musiciennes sous la battue, nettement plus souple, d'Emmanuelle Haïm. Dans le livret et sur la pochette, la première plage (corrigée en version numérique) laisse espérer la splendide Sonata a cinque HVW288, bien rare au disque. Nous trouvons à sa place une page plus rare encore, mais célèbre par une anecdote : cette Ouverture HVW336, que Handel avait prévue à l'entrée du Trionfo del Tempo e del Disinganno, CoreIli aurait refusé de la jouer, parce que coulée dans des idiomes trop « français » à son goût. Handel lui a donc substitué la page que nous connaissons aujourd'hui. Du Trionfo, nous trouverons aussi le sublime air final, où le violon acteur et tendre de Nicholas Robinson apporte un parfait contrepoint à l'ascension plus abstraite de Bellezza, rendant les armes devant le « ministre suprême du Ciel ». Déjà présent dans le récital Handel de la soprano avec Montanari, l'air gagne ici en abandon mélancolique, tandis que le spectaculaire « Disserratevi, o porte d’Averno » de La resurrezione affirme des vocalises plus fermes ‑ dans le cadre lui­même très ferme, et un peu rigide que pose Alessandrini.

Devenant Salomé, la soprano assume un tempo extraordinairement lent dans le « Queste lagrime » de San Giovanni Battista (Stradella), et cultive la silhouette d'une femme­enfant tissant sa vengeance avec une tranquille perversité, tandis que les cordes étirent sous ses soupirs des dissonances intenables.

La cantate arcadienne Su le sponde del Tebro de Scarlatti, périlleuse pour le trompettiste, y fera écho dans le bref lamento central, confondant d'intensité simple. Une épure. Les pièces instrumentales (Chaconne Propitia Sydera de Muffat, Concerto grosso op. 6 no 4 de Corelli) adoptent la même maîtrise des allures, des équilibres et des couleurs, mais se confinent parfois dans une géométrie musicale assez froide ‑ comparaison fascinante avec l'orchestre de Banchini chez Muffat! Curieux objet: à la fois panorama et récital, mais plus convaincant sur ce dernier terrain.


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