Texte paru dans: / Appeared in:
*


Classica # 207/ (11 / 2018)
Pour s'abonner / Subscription information


Erato 9029563374



Code-barres / Barcode : 190295633745

Appréciation d'ensemble:

Outil de traduction (Très approximatif)
Translator tool (Very approximate)
 

Analyste:  Gaëlle Le Dantec

PREMIER TOUR DE PISTE REUSSI

Entouré de l'excellent ensemble Il Pomo d'Oro, le jeune contre‑ténor polonais a choisi le baroque sacré napolitain de la première moitié du XVIIIe siècle, avec plusieurs raretés de toute beauté. À découvrir.

Jakub Józef Orlinski s'est imposé avec évidence depuis deux ans sur les scènes lyriques internationales. Avec son timbre intense et lumineux, sa présence presque insolente (danseur de hip-hop confirmé), son visage d'ange tendance bad boy et sa musicalité quasi instinctive, le contre-ténor exerce un magnétisme certain. Il livre un album solo (avait paru auparavant un récital Haendel avec la mezzo-soprano Natalia Kawalek, chez Ëvoe Records) qui confirme son talent, en nous dévoilant, corps et âme, sa singularité. 

RÉPERTOIRE SPIRITUEL

« Si j'ai choisi des oeuvres religieuses, c'est que je suis convaincu de pouvoir parler à l'âme avec elles »,
annonce-t-il dans le texte de présentation. Indépendamment de toute croyance, le contre-ténor a fait le choix du répertoire spirituel qui l'inspire et le fascine depuis toujours, avec une prédilection pour les polyphonies de Victoria, Tallis ou Palestrina qu'iI a beaucoup pratiquées en début de parcours. Le pari est d'autant plus ambitieux que le répertoire est en grande partie inconnu et inédit.

Mais il est déjà gagné, car la musique se montre de toute beauté et le chanteur y révèle liberté, profondeur et créativité. L'air d'ouverture « Alla gente a Dio diletta » extrait de Il Faraone sommerso de Nicola Fago (1677‑1745), disciple de Provenzale, est une merveille d'intensité calme et habitée. Fago encore, avec l'imposant motet Confitebor tibi Domine dans lequel se déploient toutes les variations de couleur et d'expressivité de la voix et des instruments de Pomo d'Oro. Fago, toujours, avec une autre pièce d'église, Tam non splendet sol creatus, magnifique hymne à la Nativité. 

Entre l'église et le théâtre, dans le baroque, il n'y a qu'un pas. Comment ne pas reconnaître la fougue de l'opera seria dans le très spectaculaire « Mea tormenta » issu de Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena de Hasse qui révèle l'angoisse de Saint-Pierre à la vue de Jésus sur la croix, ou encore l'air profond de Zelenka « S'una sol lagrima » tiré de Gesù al Calvario qui fait parler le Christ. Cet album est une confession intime. Âmes sensibles, on vous parle.  

Support us financially by purchasing this disc from eiher one of these suppliers.
  FR  -  U.S.  -  UK  -  CA  -  DE  JA -  
Un achat via l'un ou l'autre des fournisseurs proposés contribue à défrayer les coûts d'exploitation de ce site.

   

Cliquez l'un ou l'autre bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
 Click either button for many other reviews