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Diapason # 672 (10 /2018)
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Harmonia Mundi  
HMM90250102



Code-barres / Barcode : 3149020934395

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Philippe Ramin
 

Christophe Rousset aura pris tout son temps pour graver un nouveau double album Louis Couperin, neuf ans après celui que fêtait un Diapason d'or de l'année. Il ne boucle pas précisément une intégrale mais complète une somme essentielle, où ne manquent que deux bonnes dizaines de sarabandes et de courantes secondaires. Car ces deux danses surabondent dans les rares manuscrits où sont préservées les pièces de Louis Couperin, dont l'organisation laisse, par ailleurs, le claveciniste tracer le parcours à sa guise. Rousset mettait un point d'honneur, dans sa préface de 2009, à ne pas doubler les danses. Il a revu sa copie, et enchaîne par exemple trois courantes puis deux sarabandes dans une Suite en do majeur. La générosité de sa prise de parole répond à celle de l'agencement: la diversité de diction et de registration désamorce l'effet de redite autant qu'elle favorise l'immersion de l'auditeur dans la « narration chorégraphique » si particulière de Couperin.

La variété des caractères séduit et surprend, quand par exemple jaillit la complexité rythmique d'une courante en ré. La rêverie est parfois suspendue à un souffle dans les fameux préludes non mesurés. Et quelle autorité dans celui en ré, dont l'inquiétante progression harmonique est la signature de Couperin ! Comment résister à l'assurance flamboyante du clavecin-danseur dans la gigue en fa ?

Plus clair et brillant que le clavecin Louis Denis (1658) joué en 2009, le fameux Couchet de 1652 est aussi fortement typé, aussi éloigné des standards de la facture établis en France au début du siècle suivant. Le Musée de la Musique conserve ce trésor, célèbre pour le luxe de sa robe tout en grotesques sur dorures posée sur un invraisemblable piétement sculpté, et familier à nos oreilles depuis l'un des tout premiers disques de Rousset, (Froberger, 1991, HM). Maîtriser sa prononciation très rapide, ne pas violenter l'auditeur par l'énergie répétée d'une projection assez nasale n'est pas donné au premier venu. Les fières chaconnes, où Rousset n'hésite pas à plaquer des accords électrisants pour tendre les ressorts de la phrase, disent assez sa maîtrise ‑ l'effet serait pénible sous d'autres mains. Les interactions résonantes du toucher et du tempérament (mésotonique) produisent des chatoiements évoquant quelque carillon anversois (courante et sarabande en do, allemande Le Moutier). De cette magnificence jusque dans l'intimité des sarabandes une leçon de clavecin nous éblouit plus encore qu'elle nous instruit. Une adéquation exceptionnelle entre l'instrument, le compositeur et son chantre.


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