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Diapason # 672 (10 /2018)
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Harmonia Mundi
HMM902278




Code-barres / Barcode : 3149020934401

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Jean‑Luc Macia
 

D'emblée on reconnaît le style de Jean-Guilhen Queyras : une sonorité veloutée (il retrouve ici le violoncelle milanais anonyme de 1690 avec lequel il enregistra entre autres les concertos de Haydn et de Dvorak, cordes en boyau et, cette fois, archet baroque), une certaine sobriété dans les changements d'ambiance ou de tempo, une délicatesse dans le maniement d'archet qui unifie les bariolages. Au ton général, pudique, répondent les propos de l'interprète dans la notice ‑ louanges d'un Vivaldi touchant, humain, et d'un répertoire intime. 

Rassurons-nous, la bravoure est là quand il le faut: l'Allegro de la Sonate RV40 déploie une verve et un dynamisme irrésistibles, et les mouvements rapides de la RV43 courent (presque) la poste. Si certains largos paraissent compassés, d'autres avancent dans un délié de phrasés qui nous enchante, par exemple celui qui ouvre la RV 45. La basse continue pose un cadre stable et, léger, et accompagne aussi précisément que discrètement les changements d'humeur du soliste, sans jamais chercher à le provoquer.

Le clavecin (alternant avec l'orgue) et le théorbe apporteraient sans doute des textures et des couleurs plus riches à Queyras si les micros leur accordaient davantage de présence. Mais c'est aussi par son jeu « sur les pointes » que le violoncelle Il se place en retrait ‑ le discours musical y gagne en élégance ce qu'il perd parfois en tension. 

Pour comparer ce qui est comparable, Christophe Coin, dans une approche aussi « classique », cultivait une poésie charmeuse qui manque ici à certains largos. On regrette aussi la fantaisie imprimée par Ophélie Gaillard. Plus récemment, Marco Ceccato ajoutait à ces deux dimensions des rythmes encore plus généreux et assumait, avec l'aide d'un continuo génial, un lyrisme très subjectif (ZZT, Diapason d'or). Il cultivait l'euphorie sans tomber dans l'outrance, et adoptait les manuscrits vénitiens, plus touffus que la tardive, édition parisienne (1740), qui les édulcore quelque peu. Queyras, une fois encore, force l'admiration, mais sans renouveler le propos comme il le faisait il y a quelques mois, dans un indispensable album Carl Philipp Emanuel Bach (Diapason d'or, cf. no 670).


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