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Diapason # 672 (10 /2018)
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CD1814



Code-barres / Barcode : 7619931181424

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Analyste: Denis Morrier

Il y a peu, nous nous plaignions que la discographie de Marenzio, ce champion avant Monteverdi, soit encore si légère. Et voici qu'en quelques mois, deux anthologies de qualité voient subitement le jour. Après l'ensemble Rossoporpora de Walter Testolin (cf. no 671), c'est à La Pedrina de fureter dans une énorme production. Francesco Saverio, Pedrini a extrait des Livres VI, VII, VIII et XI à cinq voix, seize madrigaux sur des poèmes tirés du Pastor fido de Giambattista Guarini. Plus encore que Monteverdi et Gesualdo, Marenzio s'attacha à dépeindre en musique les amours contrariées de Sivio, Dorinda, Mirtillo et Amarilli. Alors que le poète destinait sa tragicomedia pastorale à la scène, le compositeur ne tissa sur ses tirades que des polyphonies, sa théâtralité ne se manifestant qu'à travers l'emploi visionnaire de hardiesses contrapuntiques, d'harmonies expressives, bref d'une éloquence imagée mais toujours collective.

En usant d'une édition posthume (Anvers, 1632) où apparaît une basse continue, Pedrini confère à ces madrigaux une apparence plus visionnaire. Comme Walter Testolin, il s'est employé à varier les dispositifs polyphoniques: sept chanteurs et cinq instrumentistes (violes et cordes pincées) alternent au fil des pièces, proposant divers habillages aux cinq voix, de la monodie accompagnée (ténor solo et luth pour Ah dolente partita) jusqu'à de vastes ensembles concertants. Le chef parmesan souligne la dramaturgie madrigalesque en faisant dialoguer, au sein d'une même oeuvre, des « solistes » (les autres voix étant réduites aux instruments) avec le reste du dispositif polyphonique. Il élabore même un dialogo inédit pour soprano, alto et basse continue à partir de trois pièces distinctes (Se tu dolce/Dorinda ah/ Ferir quel petto), mettant en évidence une continuité stylistique insoupçonnée entre ces madrigaux et les premières favole in musica (L’Euridice, L’Orfeo ... ).

Les chanteurs assument ces options avec conviction et vaillance : les deux sopranos italiennes, au timbre charnu et à l'ornementation assurée, irradient de leur chaude lumière un ensemble à la cohésion toujours impeccable et à l'élocution imparable, soutenu par des instrumentistes investis, aux réalisations inventives et colorées. L’acoustique réverbérée, certes flatteuse, s'avère toutefois gênante lorsque l'écriture imitative devient trop dense.


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