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Diapason # 670 (07 - 08 /2018)
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Alpha
ALPHA400



Code-barres / Barcode : 3760014194009

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Maximilien Hondermarck

 

La renommée de la Missa Salisburgensis, sorte de titan des titans des jeux polychoraux (53 voix!), a longtemps tenu le nom de Benevolo (ou Benevoli) à distance de l'oubli. Patatras!, les musicologues ont rendu la messe à son vrai père, Heinrich Biber. Mais Hervé Niquet, guidé par le regretté Jean Lionnet, n'a pas douté un instant des richesses de l'oeuvre de Benevolo, et notamment de son volet le plus fastueux. Au grand spectacle d'une Missa Azzolina, qu'il exhumait en 1996 pour Naxos, il ajoute cette Missa Si Deus pro nobis et nous invite au milieu de la nef de Saint-Louis-des-Français (où Benovolo est enfant de choeur) ou de Saint-Pierre de Rome (dont il dirige la Cappella Giulia de 1646 à sa mort). Imaginez un choeur dans chaque chapelle latérale, accompagné de sa propre basse continue (sacqueboute, bassons, cornet à bouquin, positif, basses d'archet ... ). L'alternance et l'amalgame des différents pôles choraux connectés par un invraisemblable ronflement de basses sont confondants, surtout si, ce jour-là, vous êtes d'humeur mégalomaniaque. Il y a de l'ivresse dans cette musique née, de la Contre-Réforme, de la surabondance, parfois du grandiloquent (l'Amen extravagant du Credo). Elle est tellement « trop » qu'elle en devient souvent poignante, comme ce triptyque du Kyrie passant de l'intime à une progression monumentale dont Wagner aurait pu se féliciter. Niquet assume un geste magistral et global, qui ne s'échine pas à établir une transparence hors de propos: il sait qu'il n'y a rien à comprendre ici, et tout à faire résonner. Un simple tactus, et en avant la musique. Les chanteurs ne rivalisent pas de virtuosité mais de franchise et d'abandon dans ce bain dont ils sont eux-mêmes le flot. La course au son qui caractérise les passages les plus déclamatoires de la messe (le Credo, le Gloria) n'empêche pas l'épanouissement des individualités, particulièrement dans les dessus et les basses. Au disque, une telle musique risque d'épuiser, une fois passé la surprise de l'effet « pièce montée ». Problème résolu en insérant des pauses de plain-chant ou des pages instrumentales, pour mieux reprendre ensuite l'escalade.

 

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