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Diapason # 670 (07 - 08 /2018)
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Accent
ACC24341



Code-barres / Barcode : 4015023243415

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gaëtan Naulleau

Cofondateur avec Marcel Ponseele du Gardellino en 1988, Jan De Winne aura pris son temps avant d'aborder les principales pages « orchestrales » avec flûte de Bach ‑ tandis que Ponseele gravait en 2004 le Double Concerto BVW 1060 et trois (improbables) reconstitutions de concertos pour hautbois (cf no 527). Les voici donc, ces trois tubes où la flûte est loin de se tailler la part du lion. Bach ne la laisse briller à découvert que quelques minutes dans la longue Ouverture en si mineur ‑ exception notable pour la Badinerie ‑ et l'oublie quasiment dans le finale du BVW 1044. 

Un effectif chambriste va de soi historiquement dans les deux concertos, et musicalement dans l'Ouverture, où la flûte s'équilibre plus facilement avec un groupe de cordes solistes. La matière sonore du Gardellino pèche pourtant par son empâtement. Les micros de Bis, pour le Collegium de Masaaki Suzuki, y dominaient parfaitement leur sujet, à effectif égal et dans une acoustique d'église encore plus longue. Ceux d'Olaf Mielke unifient un tutti trop polarisé par les dessus tandis que l'énergie des basses se dilue ‑ l'oreille devine pourtant un continuo soudé. Le long premier volet y perd une bonne part de sa tension contrapuntique. Les solos de flûte sont nuancés par un virtuose délicat, qui s'interdit de jouer des coudes dans une Badinerie simple et belle.

L'écriture du Cinquième Brandebourgeois s'accommode mieux d'une telle acoustique, aidée en cela par une disposition très « stéréophonique » : premier violon à gauche, flûte à droite, et au milieu, un clavecin reculé. Sa discrétion étonne, mais le jeu de nuances ajusté par ses partenaires lui permet de passer la rampe quand la conduite du dialogue l'impose. Si l'honneur est sauf, l'électricité virtuose est compromise par la réverbération malgré toute la détermination et l'aisance de Zvi Meniker. 

L'Affettuoso profite d'une violoniste prête à refléter l'éloquence très réservée du chef‑flûtiste ‑ nous resterons fidèles aux équipes qui laissaient la tendresse germer dans un cadre plus noble et dessiné, comme dans l'Adagio ma non tanto e dolce du Triple Concerto. L'essor majestueux de son finale sera plombé par une ritournelle (le fugato) statique au contour épais, dont on ne sait si elle est un choix (qui ne servira pas vraiment, même par contraste, les échappées crépitantes du clavecin) ou une absence de choix. Le naturel, cette exigence qui soude depuis trente ans les membres renouvelés du Gardellino, ne suffit pas cette fois.


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