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Diapason # 669 (06/2018)
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Mirare
MIR358



Code-barres / Barcode : 3760127223580

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gäetan Naulleau

Une première de François Couperin au disque, oui !, et indiscutable ‑ ce qui était loin d'être le cas pour la cantate gravée en 2015 par Christophe Rousset (cf no 650). Edward Higginbottom révélait en 2011 la plupart des motets du même manuscrit de 1705 restés inédits (cf no 601). Le dernier nous arrive à la fin de l'album des Ombres: un vaste Salvum me fac Deus pour basse « et symphonies » articulé en huit sections, un quart d'heure durant, sur une partie du noir Psaume 69. La perception de l'oeuvre change entièrement si l'auditeur a la traduction sous les yeux: musique élégante et assez solennelle, en majeur la plupart du temps, même sur des paroles affreuses. Pas un mot qui ne dise le désarroi du pécheur : pas une note (au chant ou, au second plan, aux violons) qui ne laisse entendre la dignité du croyant et sa confiance en un sauveur majestueux. Benoît Arnould se tire avec beaucoup de goût d'un exercice particulièrement délicat ‑ une mise en perspective de la prière qui doit autant à l'ambivalence de Couperin qu'à la spiritualité du Grand Siècle. Le moment le plus fort et troublant du motet arrive quand le thème lancinant, répété sans cesse à la basse du Laboravi en fa mineur (« Je me suis fatigué à crier, et ma gorge en a été enrouée ») resurgit, en majeur et cette fois aux violons, à l'entrée du cinquième verset : « Oh Dieu, vous connaissez ma folie. »

Les Leçons de ténèbres, malgré deux chanteuses aussi expertes l'une que l'autre dans ce répertoire, nous valent une demi‑réussite. Ce qui est déjà beaucoup plus que dans les dernières tentatives au disque. Chantal Santon‑Jeffery investit chaque page de la Première Leçon avec un fort caractère, partout consciente des résonances graves d'un texte aussi violent, mais il suffit qu’Anne Magouët lance quelques notes en prenant la relève, et nous mettons aussitôt un nom sur ce qui manquait à l'intelligence et à l'énergie de sa collègue : une ligne, cette souplesse de l'esprit et de la déclamation tout à la fois. La Deuxième Leçon peut alors se déployer sans baisse de tension, et Magouët, avec la complicité d'un continuo très habile, n'a jamais besoin d'appuyer l'accent pour traduire le poids des paroles. Magnifique. L’union des deux voix apporte un fort relief à la Troisième Leçon mais déçoit dans les Quatre versets de 1703, où les raideurs de Santon-Jeffery se trouvent surexposées par une écriture tout en grâces.


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