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Classica # 204/ (07/08 - 2018)
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Harmonia Mundi
HMM902269



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Analyste:  Jérémie Bigorie
 

LA NUIT TRANSFIGURÉE

Le timbre ténébreux de la mezzo‑soprano Lucile Richardot et la subtile mélancolie distillée par l'Ensemble Correspondances de Sébastien Daucé illuminent un répertoire méconnu d'airs baroques anglais.

La nuit et ses étoiles n'ont pas attendu la venue des romantiques pour titiller les muses: le présent récital en témoigne, qui « retrace une histoire de l'art vocal anglais de 1620 aux der-nières décennies du siècle » (Sébastien Daucé) – c'est-à-dire après la disparition de John Dowland ‑, tandis que fait rage la lutte entre catholiques et protestants. À leur table de travail, les musiciens enrichissent le vocabulaire harmonique, expérimentent de nouveaux genres où le récitatif italien et le ballet de cour à la française se greffent sur le mask. Autant de pépites soigneusement consignées dans les manuscrits des bibliothèques de Londres et d'Oxdord comme dans les recueils édités par le célèbre John Playford que nos interprètes sont allés compulser de leurs doigts de sourciers.  

On se persuade bien vite qu'un tel programme ne pouvait être conçu que pour une voix hors norme. Mezzo-soprano avec des graves d'alto et des aigus rayonnants, Lucile Richardot est notre guide, notre flambeau aux teintes subtiles et raffinées. Dans les airs déclamatoires de William Lawes et William Webb s'invitent tour à tour la véhémence (« Whiles I this Standing Lake ») et les inflexions vacillantes propres à nous faire glisser sur la pente de la rêverie (« Powerful Morpheus, Let thy Charms », hommage au dieu du Sommeil). Aux deux extrémités du spectre dramatique, on trouve l'esprit des folk­songs cher à John Coprario (« Go, Happy Man »), les élégies mortuaires de Robert Johnson (« Care-charming Sleep ») et, surtout, de véritables scènes dramatiques miniatures comme chez Robert Ramsey (« Howl Not, You hosts and Furies »).

L'aisance quasi instrumentale de Lucile Richardot lui permet de s'immiscer dans les interstices douloureux, voire de détimbrer à des fins expressives. Réuni en petit comité, l'Ensemble Correspondances, que Sébastien Daucé dirige du clavecin ou de l'orgue, colle au plus près des affects. Épilogue de choix avec « Sing, Sing, Ye Muses » de John Blow, dont la jubilation chorale opère une ouverture salvatrice dans l'épaisseur de la nuit.


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