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Classica # 176 (10/2015)
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Alia Vox
AVSA9911




Code-barres / Barcode : 8435408099110

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Jérémie Bigorie
 

Lors de la parution du DVD en 2003, notre confrère Timothée Picard écrivait dans Répertoire (no. 168, p.35) que « L’Orfeo de Gilbert Deflo, filmé au Liceu de Barcelone, ressuscite avec un extrême raffinement, un goût suprême et une infinie inventivitié la création de l'oeuvre ». Qu'en est‑il aujourd'hui de cette inoubliable production à l'écoute de la seule bande son ? C’est peu dire qu'on ne ressent pas l'empois des costumes d'époque dont s'étaient affublés Savall et ses musiciens ! Fidèle à sa gestuelle souple et fluide, le chef s'attache à couler le récitatif monteverdien dans une grande phrase qui ne laisse pas de chanter et de respirer.

 

On sent chez lui la volonté de ne jamais corseter le flux musical dans la rhétorique parfois coercitive en vigueur aujourd'hui chez un Jérôme Correas par exemple, adepte d'un recitar cantando en définitive peu cantando... Cela nous vaut deux premiers actes parmi les plus beaux de la discographie qu'inaugure le timbre délicieusement percutant de Montserrat Figueras en Musica du prologue. Sarah Mingardo, presque gagnée elle‑même par l'émotion, trouve des accents déchirants en messagère tandis que le duo des bergers qui referme le deuxième acte semble sorti tout droit de l'un des derniers livres de madrigaux. Le voyage aux enfers apportera son lot de contentement (Abbete se montre à son meilleur en Charon) et de déceptions tant il met à évidence les limites techniques de Furio Zanasi en Orphée, à la peine dans « Possente spirio ». On recommandera donc davantage le DVD.

 

Pour les références discographiques, priorité à Gabriel Garrido (K617), René Jacobs (Harmonia Mundi) et John Eliot Gardiner(Archiv), le timbre de Ian Bostridge (Emmanuelle Haïm chez Virgin) restant une question de goût, comme les options souvent contestables de Nikolaus Harnoncourt (Warner).

 


  

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