Texte paru dans: / Appeared in:
*


Diapason # 654 (02/2017)
Pour s'abonner / Subscription information


Sony 88985302932



Code-barres / Barcode : 0889853029327

Appréciation d'ensemble:

Outil de traduction (Très approximatif)
Translator tool (Very approximate)
 

Analyste: Ivan A. Alexandre

Tout pour l'or. La pleine maturité d'une voix fraîche au velours clair et souple. Un chant racé, voluptueux d'émission, long de phrase. Une familiarité avec Handel, rare chez les Traviata, les Norma, bientôt les Butterfly que la jeune diva fréquente désormais, elle que nous avons découverte au Jardin de William Christie, qui fut une Poppée (Agrippina), une Cléopâtre (Giulio Cesare) inoubliables avant les trompettes de la renommée. Un ensemble certes minuscule (neuf cordes, trois bois) transformé en orchestre par l'ingénieur du son et attentif aux plus délicates inflexions de la voix. Tout beau, tout grand, tout doré.

Et sous tant de richesses, à peine un frisson. Une étrange apathie recouvre à la fois le programme, d'une stricte banalité (bonus compris), la direction, absolument musicale mais sans un oeil au théâtre, et l'interprète, divine somnambule. Pourquoi placer le récital sous l'aile noire du destin, enchaîner sans répit la douleur de Cléopâtre, le désespoir d'Alcina, la prison de Théodora, les adieux de Rodelinda (en duo avec Karine Deshayes, superbe elle aussi), l'angoisse d’Agrippina et les larmes d'Almirena, pour exclure tout sentiment tragique ? L’artifice d'un sanglot suffit‑il à dire la souffrance ? La magicienne Alcina ne souffre pas. Ni la martyre Theodora, qui lui ressemble comme une soeur. Ni la reine d'Egypte.

Le chef lui‑même croit si peu au pouvoir du sens qu'il orne « Lascia ch'io pianga », trésor de simplicité, dans un style capriccioso, qui enjambe et les mots et les notes ‑ et par suite l'émotion. Après quelques minutes, tombe le masque. Le visage qu'il révèle serait‑il celui de l'indifférence ? Visage adorable, et harmonieux, et unique on le répète. Quand s'éteint le lamento de Didon (Purcell, plage secrète qui ne l'est pas), le voyageur se retourne : tout était splendide, il ne s'est rien passé. Bizarre, bizarre.


 Support us financially by purchasing this disc from eiher one of these suppliers.
  FR  -  U.S.  -  UK  -  CA  -  DE  JA -  
Un achat via l'un ou l'autre des fournisseurs proposés contribue à défrayer les coûts d'exploitation de ce site.
 

   

Cliquez l'un ou l'autre bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
 Click either button for many other reviews