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Diapason # 653 (01/2017)
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RIC371




Code-barres / Barcode : 5400439003712

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Analyste: Denis Morrier

Les enregistrements documentant l'art de la diminution à la Renaissance ont fleuri depuis quelques années, Dieu merci! Il y a peu, La Guilde des Mercenaires (qui compte quelques éminents transfuges de Doulce Mémoire) convoquait l'héritage de Giovanni Bassano (Cinq Diapason, cf no 652). Et voici Denis Raisin‑Dadre qui revient, avec sa flûte et quelques amis aux ouvrages fondateurs de Silvestro Ganassi, neuf ans après l’album original et ambitieux de Pierre Boragno (« Io mai sempre », Zig‑Zag Territoires, Cinq Diapason).

Éminent théoricien de la Renaissance vénitienne, Ganassi fut l'auteur de trois traités : la Fontegara (1535), pour la flûte à bec, la Regola rubertina (1542), pour violes, et la Lettione seconda, pour la viole et le luth. Il explique que « diminuer [ ... ] n'est rien d'autre que varier un texte ou une phrase qui, dans sa nature [originelle], se montre ferme et simple », puis décline, à titre d'exemple de « variations », deux mille deux cent trente‑neuf figures et cent vingt‑quatre cadences différentes ! Leur variété, leur complexité technique et rythmique (aggravée par l'épineuse question des proportions) révèlent un inimaginable degré de virtuosité, tant digitale et articulatoire que spéculative. Mais que faire de ce foisonnant glossaire ? Ganassi, hélas, ne le met pas en pratique sur une oeuvre donnée.

Dénis Raisin‑Dadre a eu l'heureuse idée d'appliquer ces préceptes aux partitions d'un maître franco‑flamand du XVIe siècle, qui traversa les montagnes pour rejoindre la cohorte des Oitremontani sous le soleil d'Italie. Cinq frottole et madrigaux italiens de Verdelot fournissent ainsi la matière à diverses diminutions, exécutées avec assurance par notre souffleur funambule. Les subtilités de proportions sont pIutôt envisagées comme une forme de rubato, conférant au phrasé un « flou rythmique » au « swing très particulier » (dixit l'interprète). Une conception discutable, mais indéniablement séduisante dans Donna che sete, qui revêt même un caractère hypnotique dans Pacientia ognom mi dice et Nunqua fu pena magiore (avec luth, harpe et surtout le clavicithérium rêveur de Sébastien Wonner).

Les madrigaux originaux sont chantés à la façon de monodies accompagnées par Clara Coutouly, dont la voix, malgré son délicat vibrato et ses effets charmeurs, paraît plus « raide et maniérée » que « ferme et simple »: diction hasardeuse (Ardenti miei sospiri), aigus emplis de stridences et d'exclamations inutiles (Tutto il di piango), inégalité de registres (Se a vostra voglia) et de soutien (In me cresce l'ardore). Les arcanes énigmatiques de la Fontegara n'ont pas fini d'être questionnés!



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