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Diapason # 653 (01/2017)
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PAS1023 



Code-barres / Barcode : 5425004160232

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Gaëtan Naullau

 

Un ovni discographique comme on les aime un programme dont presque tous les éditeurs nous diront qu’il est invendable, une prise de son dont le relief ferait passer les systèmes hi‑fi les plus modestes pour des Rolls, un visuel malin, qui présente et déjoue à la fois la réputation d’austérité associée à Schütz, un texte d’introduction substantiel, qui suit les filiations généreuses du « père de la musique allemande », et un ensemble à la carrière encore confidentielle mais déjà magistral (son premier disque servait Johann Hermann Schein, autre contemporain de Monteverdi, cf no.634).

Vous avez reconnu en couverture le nom familier d’un organiste ? Vous avez lu trop vite. Non pas Bernard Foccroulle mais sa fille Alice, soprano et compagne de Lambert Colson, expert du cornet à bouquin, figure de proue du collectif InAlto. L’album oscille entre elle et lui ; entre une poignée de motets pour voix seule, et des sonates ou les instruments seront autant des acteurs que des polyphonistes. Leur théâtre, qui culminera dans une sonate de Weckmann, et auquel les micros d’Aline Blondiau assurent une fantastique présence, pose ses tréteaux plage 1 : cornet, sacqueboute, violons, viole et (grand) orgue conjuguent leurs grains contrastés dans un psaume à deux chœurs du Sagitarius, vidé de ses chanteurs et gagnant une plénitude exceptionnelle par la densité des inflexions légères et des élans modelés sur chaque ligne.

Un peu plus loin, une sacqueboute prendra la place d’un chanteur pour faire résonner la vox Domini super aquas de David Pohle (1624‑1695). Autre métamorphose, un madrigal de Striggio nous revient « diminué » par Johann Schop (ca. 1590‑1667). On n’y attend qu'un exercice charmant, quand le violon de Marie Rouquié nous subjugue par ses arabesques en apesanteur et ses camaïeux. Baume pour refermer les plaies ouvertes par Alice Foccroulle dans le Aus der Tieffen de Christoph Bernhard et surtout le Eyle mich Gott zu erretten, grand récitatif musclé où Schütz exprime toute l’angoisse et la détermination de son pays dévasté. Le contraste entre la majesté grave de l’orgue, l’exhortation violente des mots et la lumière du timbre, prendrait en tenaille l’auditeur le plus distrait

 


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