Texte paru dans: / Appeared in:
*

Classica  #
Pour s'abonner / Subscription information


Harmonia Mundi
HMG505247




Code-barres / Barcode : 0794881944729

Consultez toutes les évaluations recensées pour ce cd ~~~ Reach all the evaluations located for this CD

Appréciation d'ensemble:

Outil de traduction ~ (Très approximatif)
Translator tool (Very approximate)
 

Analyste: Coralie Welcomme 

C'est en 1638 que Caspar Kittel, compositeur et maître de chant accompli, publie cet ensemble de pièces vocales figurant alors parmi les tout premiers recueils de chants profanes en langue allemande. Des pièces qui surprennent par leur intelligence musicale, ainsi que par l'admirable osmose obtenue entre le texte et la musique ; évidents témoins de la maîtrise vocale et réceptacles des influences culturelles. Inspiré par l'art poétique, Kittel fut en effet surtout marqué par Orpiz et les jeunes poètes formés à son école. Et nul ne pourra manquer de remarquer les accents italiens qui, dans l'écriture comme dans la forme, donnent toute leur flamme à ces Airs et Cantates (le début de l’Air 14, « Ein ieglich Ding hat seine Zeit », ne vous rappelle‑t‑il pas certaines ritournelles de Monteverdi ?). Bien sûr, Caspar Kittel n'est ni Schütz, ni Monteverdi, mais son génie est pourtant manifeste dans ces véritables peintures sonores qui ne peuvent que nous séduire. Fort de ces présupposés rhétoriques et d'une connaissance maintenant bien assise en matière d'écriture italienne, René Jacobs rend justice à ce compositeur qui ne méritait pas un tel oubli. Le chef navigue entre la douceur allemande d'un chant profane qui s'éloigne à peine du sacré et la fougue péninsulaire qui brise les carcans et exploite, à sa manière, les fondements de l'Art nouveau. Portés par un ensemble instrumenta léger et savoureux, les chanteurs trouvent un juste équilibre au sein de ces enchevêtrements rhétoriques, passant de la dimension spirituelle à la jouissance sonore avec beaucoup d'effets. On regrettera cependant que la justesse soit parfois assez relative (surtout en ce qui concerne Johanna Stoikovic), et que les contrastes ne soient pas plus marqués au niveau de la voix. Si l,Air 14 possède une dynamique enivrante, l'air suivant (« Ihr schwarzen Augen, ihr ») s'endort  dans une pesanteur un peu statique du fait que les chanteuses semblent y maintenir un forte presque identique du début à la fin Mais ce sont là des détails que l'on pardonnera, car la beauté,vivace et envoûtante de ce disque, malgré ses petites inégalités, a su nous charmer l'oreille.

  

 

Fermer la fenêtre/Close window

 

Cliquez l'un ou l'autre bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
 Click either button for many other reviews